Au Grand Site Concors Sainte-Victoire, on pleure sur le monde d’après

Depuis le déconfinement, la nature est encore plus convoitée que ces dernières années. L’avidité pousse certains à commettre des actes inconséquents comme des aménagements sauvages qui portent atteinte aux milieux, aux espèces, au droit de propriété et à la réglementation.

Dans le « monde d’avant », si les gardes nature constataient sporadiquement quelques incivilités sur la montagne, depuis le déconfinement, leur nombre et leur impact vont croissant. Ces actes ne sont pas de nature malveillante mais ils concrétisent l’expression flagrante d’égoïsmes irréfléchis.

Les ravages du « où je veux quand je veux »

Percer les parois au perforateur pour poser des équipements, couper des arbres pour ouvrir des sentiers sauvages, créer des cairns et en fixer les pierres avec des mousses chimiques, laisser les bombes de produits sur place, sont des stigmates. Les scories des envies d’individus sans connexion avec cette nature qu’ils profanent et abîment. Car outre le dérangement des espèces, de telles interventions sont des altérations des milieux qui mettent des années à se réparer. La question se pose alors : au nom de quelles valeurs ces actes sont-ils commis ?

Si ces massifs sont restés aussi magnifiques, c’est parce que les amoureux de la nature savent se fixer des règles. Ils savent que les itinéraires, l’entretien des sentiers, leur balisage, sont des limites qui vont dans le sens de l’intérêt général, à savoir répondre à la fois aux besoins du public et à des impératifs de préservation. Il s’agit d’actions techniques et concertées dans des comités qui regroupent les fédérations, les associations, le Conseil départemental et la Direction Grand Site à la Métropole et peuvent toujours être saisis si le besoin de créer ou modifier un sentier ou un parcours se fait sentir.

"Savoir aimer, ce serait aimer pour ce qu'on aime au lieu d'aimer pour soi" (Eugène Marbeau in « Les remarques et pensées » (1901))

Il est des frustrations nécessaires et dans le rapport à la nature, accepter que son désir se trouve orienté par un souci de préservation, s’engager en proposant aux gestionnaires des adaptations ou des modifications et se résigner à attendre un peu serait la sagesse.

 

© GSCSV - Stéphanie Morel

© GSCSV - Stéphanie Morel

© GSCSV - Stéphanie Morel

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