Le confinement, retour d’expériences naturalistes

Vallon du Délubre à Vauvenargues - © GSCSV - Matthias Magnier

Tandis que l’homme était confiné, la nature se déconfinait. Cette situation inédite a été l’occasion pour les gardes nature d’observer ce qu’il se passe quand le plus grand nombre des visiteurs reste chez lui…Ces observations sont venues alimenter les inventaires naturalistes réalisées dans le cadre de la mission d’opérateur Natura 2000 du Grand Site Concors Sainte-Victoire.

Le regard du confiné et son ressenti coupable

FLUORE©MM (Agrandir l'image). Fluoré (Colias alfacariensis), Vauvenargues - © GSCSV - Matthias Magnier

Comme autant de marques de son empreinte unique, le confiné recevait les images de la nature «prenant ses aises». Mais considérer les choses ainsi, sans nuances, revient à ignorer les interactions entre l’homme et les milieux, les bénéfices d’une activité agricole ou pastorale, la richesse biologique qui en est issue.

La nature secrète est dans l’œil du garde

Pour autant qu’on les fréquente de près, on est saisi par la faculté particulièrement aigüe des gardes nature pour écouter et voir le vivant dans la montagne.
Identifier un oiseau par son chant ou son vol, présumer que c’est en tel ou tel endroit qu’il aura fait son nid, vérifier si cette plante a fleuri ou si sa croissance a connu une entrave, lire la présence de tel ou tel mammifère, de tel ou tel insecte exigent une subtilité à laquelle seuls l’apprentissage et la connaissance fine des milieux donnent accès.
Les amateurs le savent, c’est une question de sens. Un comportement discret, une acuité intense et nul n’est besoin de sortir des chemins pour saisir la vie qui se déroule.

Pour en savoir plus

CRIQUET (Agrandir l'image). Le rare Arcyptère de Provence (Arcyptera kheili), Vauvenargues - © GSCSV - Matthias Magnier

Chouette_cheveche©MM (Agrandir l'image). Chouette chevêche (Athene noctua), Puyloubier - © GSCSV - Matthias Magnier

Outarde©MM (Agrandir l'image). Outarde canepetière (Tetrax tetrax), Puyloubier - © GSCSV - Matthias Magnier

La nature reprend elle vraiment ses droits ?

Il est impossible d’affirmer que ces 3 mois ont permis à la biodiversité de s’accroitre, en revanche, il est certain qu’il y a eu moins de dérangements. Ce fait non négligeable, a permis aux espèces d’élargir leurs périmètres  d’évolution, d’installation. Pour partie, c’est  l’énergie du vide laissé par l’absence de fréquentation ou de ses incidences qui a attiré les espèces vers des zones qu’elles préféraient éviter habituellement. Dans la nature, les territoires se répartissent. Il est des animaux ou des plantes qui ne voisinent pas avec d’autres, certains qui interagissent ou cohabitent d’autres qui ne font que se croiser. La présence humaine, pour autant qu’elle ne soit pas trop offensive ou concentrée, appartient à cette organisation et, une fois encore, tout réside dans l’équilibre. Si certains, pour l’exercice de leurs activités, sont appelés à sortir des itinéraires dédiés, le promeneur en soif de nature devra rester dans les espaces affectés à la fréquentation, notamment les aires aménagées et les sentiers balisés.

Pie©MM (Agrandir l'image). Pie-grièche méridionale (Lanius meridionalis), Saint-Antonin-sur-Bayon - © GSCSV - Matthias Magnier

Magicienne©MM (Agrandir l'image). Magicienne dentelée (Saga pedo), Jouques - © GSCSV - Matthias Magnier

 

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