Un été en rouge et noir

© CC GSSV

Une réglementation qui a évolué … Mais des conditions météo particulières.

Prenant en compte les demandes des professionnels du tourisme et du public, cette année la réglementation d’accès aux espaces naturels a évolué. Pour les randonneurs, en risque orange comme en risque rouge, la balade dans la nature est possible tout le jour. Pourtant, les conditions météo ont été si  rudes, notamment en termes de sècheresse des végétaux, que très tôt, dans les premiers jours de juillet, le risque noir est apparu.  

Des dispositifs humains

Pour compléter ce dispositif départemental, comme tous les étés depuis 12 ans maintenant, les gardes nature du Grand Site Sainte-Victoire sont épaulés par des Assistants à la Prévention et à la Surveillance des Incendies de Forêt (APSIF). L’emploi, saisonnier de ces jeunes gens que l’on appelle aussi « Jeunes en Forêt », est possible grâce à des budgets de la Région PACA qui viennent couvrir une large part de leur salaire (80%).

"Cet été a été particulièrement marqué par un haut risque d’incendie. Chaleur, sécheresse, les jours en noir de fermeture exceptionnelle des massifs ont été nombreux, déclare Patricia Saez, Présidente du Grand Site.

Dans ce contexte, la présence des 7 jeunes APSIFs a été particulièrement appréciable pour assurer la mission d’accueil et de sensibilisation du public.

C’est la 12e année que la Région apporte un soutien financier significatif à ce dispositif, puisqu’elle assume 80% des frais de fonctionnement. Ce recrutement permet d’augmenter l’équipe des gardes nature de 50% de son effectif et de faire fonctionner tous les jours les deux structures d’accueil du Grand Site que sont le kiosque de Bimont et la Maison du Grand Site à Vauvenargues.

Je voudrais tous les saluer : Prune, qui a travaillé dans les points d’accueil est toute nouvelle dans l’équipe ;  Coriolan, Coraline, Karelle,  Pierre, Camille et  Valentin connaissaient tous le Grand Site pour y avoir été APSIF, l’année dernière ou stagiaire pendant l’année.

C’est important de voir que les gens qui viennent travailler avec nous développent un attachement pour cet outil, et je les en remercie.

Une présence de terrain mobile et fixe

Avec, au début du mois de juillet, l’installation du kiosque au parking de Bimont, l’un des deux points qui concentrent le plus de visites a été doté d’une structure d’accueil en accord avec les attentes du public.

D’un autre côté,  plus de 200 patrouilles  ont sillonné tout le territoire pendant les deux mois d’été. Là, c’est notamment au cœur du massif que les visiteurs ont été renseignés.

Cette présence du Grand Site vient compléter le dispositif  des rotations de la gendarmerie, des polices municipales, des gardes de l’Office National des Forêts, des Comités Communaux de Feux de Forêt, des sapeurs forestiers et éventuellement les veilles de pompiers.

Une année en rouge et noir

Quoique la réglementation ait changé, les incendies que la région a connus cet été montrent à quel point le risque est patent et les mesures de restrictions ont du sens. Pour le territoire du Grand Site on peut faire un comparatif au cours des 5 dernières années :

 

  2016 2015 2014 2013 2012
  Juin Juillet Août Juin Juillet Août Juin Juillet Août Juin Juillet Août Juin Juillet Août
 Jaune 26 1 1 30 8 17 27 29 29 30 31 31 28 13 3
 Rouge 4 24 20 0 23 14 3 2 2 0 0 0 2 16 23
 Noir 0 6 10 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 2 5

 

Karelle et Coraline ont été APSIFs en 2015 et leur regard est intéressant sur l’évolution de la réglementation.

En comparaison, davantage de gens parlent spontanément de la réglementation, disent-elles, mais elles concluent en souriant, sauf que c’est celle de l’année dernière qu’ils ont intégrée… En revanche, pour ceux qui ignorent son existence, l’arrêté préfectoral de cette année est bien plus facile à expliquer.

De toute façon, le feu de Vitrolles a tellement choqué les gens qu’ils prennent la mesure de l’utilité du risque noir.

En tous cas, ce travail est toujours un plaisir, poursuit Karelle. Cette année  où le public n’était pas contenu dans certaines zones, j’ai pu expérimenter des sentiers que je ne connaissais pas comme Imoucha qui est très fréquenté. En revanche il est consternant de voir le nombre de personnes qui s’aventurent en chaussures de villes ou en sandales, sans eau ni chapeau et qui entament l’ascension à 11h30. Du concentré d’inexpérience !

Et cette année nous avons aussi remis en route les patrouilles à vélo. Elles nous permettent de couvrir de plus vastes zones qu’à pied et suscitent toujours un regard bienveillant du public, plus large d’ailleurs que les patrouilles pédestres. En effet, quand nous sommes à pied les cyclistes ne nous adressent pas forcément la parole alors qu’en vélo, nous sommes « à égalité », sourit Coraline. Et concernant les piétons, le vélo nous place à la même hauteur qu’eux, il est donc facile de dialoguer.

Toutes deux concluent: Nous avons aussi senti l’efficacité du kiosque placé à Bimont. Il constitue un très fort  soutien dans l’information. Du coup nous avons pu rayonner sur d’autres zones parfois moins parcourues. Les gens étaient surpris de nous rencontrer en pleine forêt et nous posaient beaucoup de questions. La faune, la flore voire notre parcours personnel. Mais ce qui était frappant c’est qu’une fois la surprise passée de croiser des gardes nature,  nous sentions que les gens étaient rassurés parce qu’ils n’étaient seuls dans la montagne.

Prune, elle, a travaillé dans les structures d’accueil. Étudiante en gestion des espaces de montagne, elle a un parcours tourné vers l'écologie et l'environnement. 

Dans les structures d’accueil , dit-elle, les visiteurs demandent régulièrement des éclaircissements sur la signification du code couleur pour le risque incendie. Mais la plupart du temps, la sensibilisation des randonneurs se fait au moment où l'on détermine avec eux les sentiers appropriés. Il faut toujours penser à en parler car il est très fréquent qu'ils n'aient pas eu idée qu'une telle réglementation puisse exister, ou bien que la simple absence de vent fasse disparaître leur doute sur le risque de feu.

Cela dépend aussi du site où l'on se trouve. Les personnes qui viennent demander conseil au kiosque sont généralement là précisément pour randonner, et sont informées du risque (bien qu'il y ait parfois confusion avec la réglementation des années précédentes). Mais les promeneurs qui entrent à la Maison du Grand Site sont moins fixés. Ils peuvent être venus  visiter le village, voir le château de Picasso, s'asseoir en terrasse et (éventuellement) faire une petite marche. Eux ne sont pas toujours renseignés sur le risque. 

Et la Présidente de terminer : "Je renouvelle mes remerciements à la Région et j’espère que ce dispositif sera conservé dans les années à venir. Il est un précieux recours dans la qualité de l’accueil et pour la sécurité de nos visiteurs. C’est essentiel pour le tourisme dans notre région, et pour la préservation de nos massifs forestiers."

 

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