Sainte-Victoire et Concors, paradis des espèces rares et communes

Un chamois a été observé au sommet de Sainte-Victoire. - © ONCFS - J.Ch. Gaudin

Chevreuil, renard, sanglier, aigle de Bonelli ou circaëte, 27 espèces de mammifères et plus de 145 espèces d’oiseaux dont 92 nicheuses vivent à nos côtés en harmonie.

 

 

 

 

 

 

Marc VERRECCHIA, responsable scientifique du Grand Site Sainte-Victoire en témoigne.

 

On parle souvent de la richesse botanique des massifs Concors et Sainte-Victoire, qu’en est-il de la faune ?

MV. Nos massifs constituent pour les animaux un espace de tranquillité où ils aiment séjourner. Relié à un ensemble d’espaces naturels protégés qui s’étend des Alpes à la Camargue, le Grand Site offre au monde animal un ensemble de forêts, de terres cultivées et de friches où chacun trouve sa place.

Mammifères, oiseaux ou insectes, la plupart sont présents naturellement ou venus spontanément, même si certaines espèces se sont échappées de chasses privées ou que des initiatives de réintroduction ont favorisé leur développement, comme pour le chevreuil.  Dans tous les cas, ces grands animaux semblent se trouver bien dans nos massifs puisqu’ils s’y reproduisent. Beaucoup d’espaces ruraux ne sont plus occupés, ce qui fait que depuis les Alpes n’importe quel animal peut venir aux portes d’Aix en Provence sans traverser un seul village. Sans même rencontrer un humain !

« Depuis les Alpes, n’importe quel animal peut venir aux portes d’Aix-en-Provence sans traverser un seul village. »

Dans les massifs, la forêt gagne du terrain. Or le daim ou le sanglier aiment  vivre à couvert. Chez les rapaces, le circaète Jean-le-Blanc installe son nid à la cime des arbres. L’aigle de Bonelli ou le faucon crécerelle  affectionnent  les  falaises et  ils  ont  besoin de milieux ouverts pour chasser, l’agriculture leur est indispensable. Tous ces animaux ont besoin de tranquillité. C’est pourquoi une activité humaine mesurée doit être maintenue ; actuellement, mis à part sur quelques secteurs, il n’y a globalement pas de véritable problème de sur-fréquentation par les randonneurs ou les chasseurs en cœur de massifs.

De nouvelles espèces peuvent-elles s’installer ?

MV. Des chamois ont été repérés mais nous n’en savons pas davantage pour le moment. On peut aussi penser au lynx ou au loup. Du premier, nous n’avons eu aucune trace quant au loup, sa présence est avérée depuis peu sur les massifs Concors et Sainte-Victoire.

La présence des sangliers près des maisons semble poser problème… Quel est votre avis ?

MV. Il faut être logique et remettre les choses à leur place. Avec le développement des résidences en forêt, ce sont les hommes qui sont allés s’installer sur les terres des sangliers. Pas le contraire. Les  bêtes ont  fini  par  s’accoutumer à cette proximité et ont trouvé là une zone où elles étaient moins chassées qu’ailleurs. En outre, elles trouvent de quoi manger dans les jardins ou dans les écuelles de nos animaux domestiques autour des maisons.

Les grands animaux dans le massif, qu’en pensez-vous ?

© Evana

Stéphane COUETTE, accompagnateur en montagne
« La randonnée est peu impactée par la présence des grands animaux car nous ne les voyons jamais. Les endroits labourés par les sangliers qui cherchent de la nourriture sont les seuls indices de présence. »

 

 

 

Marc CHEILLAN, chasseur
« Nous avons introduit le chevreuil il y a 10 ans, et comme il se reproduit cela nous convient parfaitement. Mais d’autres animaux ne sont pas les bienvenus comme le mouflon à manchette par exemple, qui n’est pas une espèce originaire de Provence. Nous souhaiterions l’éradiquer… Cependant pour ce faire, il faudrait obtenir des autorisations administratives. »

 

 

© CRPF - PACA

Daniel QUILICI, propriétaire forestier
« C’est une bonne chose car c’est le signe d’une forêt vivante à condition bien sûr d’avoir un regard attentif sur la prolifération des grands ongulés afin que la régénération forestière ne soit pas compromise »

 

La préservation du patrimoine naturel est l’une des  missions du Grand Site Sainte-Victoire. À ce titre, il a été désigné par l’Etat comme animateur Natura 2000 sur un espace de 35 000 hectares où se superposent deux Directives Européennes en faveur de la biodiversité. Une pour la protection des oiseaux et une pour la conservation des habitats naturels. Plus d’une vingtaine de contrats Natura 2000 financent ainsi des actions favorables à la biodiversité.

Partager cette page