L’aigle de Bonelli, le petit protégé du Grand Site

© JC Tempier/CEN PACA

La rencontre avec cet oiseau splendide, emblème de la région méditerranéenne, est un moment privilégié tant il est discret et difficile à observer. Vous aurez peut-être la chance de l’apercevoir, longeant les falaises du versant sud de la Sainte-Victoire, ou chassant dans la plaine de l’Arc. Deux couples fréquentent à ce jour le massif.

L'Aquila fasciata, mieux connu sous son nom de scène « aigle de Bonelli », est un rapace de taille moyenne, spécifiquement méditerranéen. Il mesure environ 70 cm de longueur pour 1,70 m d’envergure et pèse entre 1,5 et 3 kg. Couvert d’un plumage brun et blanc, le dessous de son corps blanc, tacheté de flammèches brunes, contraste avec ses ailes sombres.

Oiseau sédentaire inféodé aux milieux semi arides, il niche dans les zones de garrigues présentant des gorges et escarpements rocheux, ce qui lui vaut l’un de ses surnoms : « aigle des garrigues ».

Excellent chasseur, il se nourrit surtout d’oiseaux, mais également de mammifères et de reptiles. Comme pour les autres grands rapaces, il y a peu de différences entre les individus femelle et mâle. Ces derniers sont plus petits et moins trapus, et en général plus clairs. La femelle pond un ou deux œufs entre février et mars. 60 à 70 jours après l'éclosion, les jeunes, une fois émancipés, quitteront le site.

L’aigle de Bonelli bénéficie aujourd’hui d’un statut de protection très important. En effet, c’est malheureusement l’un des oiseaux les plus menacés de France. Alors que sa population comptait environ 80 couples au début des années 60, seulement 22 couples étaient dénombrés en 1999, date à laquelle l’espèce a fait l’objet d’un plan national d’action. Animé par le Conservatoire des espaces naturels PACA (CEN PACA), ce plan a pour objectifs de protéger les individus, de renforcer le succès de la reproduction, d’améliorer les connaissances sur l’espèce et de développer la sensibilisation. Bien que l’état de conservation des populations de ce rapace reste très fragile, ces mesures de protection s’avèrent efficaces, puisque 38 couples ont été recensés en France en 2019. Elles permettent également la protection de l'ensemble de la chaîne trophique, des espèces animales et végétales présentes dans le milieu naturel environnant.

Aigle de Bonelli (Aquila fasciata) Aigle de Bonelli (Aquila fasciata) - mâle - © Grand SIte Sainte-Victoire Matthias Magnier

© Grand Site Sainte-Victoire Matthias MAGNIER

 

Sur la montagne Sainte-Victoire, en 2009 un couple est venu reconquérir un site abandonné à la fin des années 80. Aujourd’hui ce sont deux couples qui fréquentent le massif et qui s'inscrivent ainsi dans son patrimoine naturel.
En partenariat avec le CEN PACA, le Grand Site s’attache à maintenir les milieux ouverts indispensables à l’espèce et à préserver la tranquillité des oiseaux sur les sites de reproduction, durant la période d’installation et d’élevage des jeunes. Au cours de cette période qui s’étale généralement de janvier à mi-juillet, l’espèce est en effet plus sensible aux dérangements.
Le suivi de reproduction est effectué par les gardes natures du GSSV, ainsi que par les agents du département 13 et par les bénévoles du CEN.
Le baguage est assuré par le CEN.

 

 

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