Portrait d’une plante rare découverte sur Sainte-Victoire

L’anémone palmée - anemone palmata © Grand Site Sainte-Victoire O.Jonquet

L’anémone palmée ne se trouve que dans quelques points très localisés des Bouches-du-Rhône et du Var. Pourquoi est-elle si rare ? Et que représente la récente découverte d’une station sur le Grand Site ?

Une plante de la flore sud méditerranéenne

Cette plante est rare dans notre pays car elle se situe à la limite nord de son aire de répartition qui s’étend du Maroc à l’Espagne, en passant par l’Algérie, le Portugal, la Sardaigne et la Sicile. Ses exigences écologiques sont pourtant assez courantes (pelouses rocailleuses écorchées, bien ensoleillées ou lisières de bois secs).

La découverte en avril sur Sainte-Victoire de six pieds fleuris, sur une quarantaine de pieds comptés, est une première (de plus, cette plante est réputée pour être peu florifère chez nous). L’espèce a une pollinisation assurée par les insectes (plante entomogame), et elle est malheureusement trop rarement butinée car ses fleurs sont pauvres en nectar ; donc, ses fruits sont très souvent stériles, ce qui rend sa conservation encore plus difficile. Elle peut être également pollinisée par le vent, mais le taux de réussite sur la fécondité des graines est trop faible (anémone vient du mot grec anemos qui veut dire vent).

Une espèce protégée au niveau national

 Protégée au niveau national en Annexe 1 (c’est le plus haut degré de protection en France), cette jolie petite anémone est de nos jours menacée d’extinction en France à cause du petit nombre de stations recensées (4 stations dans le Var et 3 dans les Bouches-du-Rhône). Elles sont toutes menacées par des aménagements divers : voirie, lotissements, espaces ludiques, ou dégâts causées par les sangliers… Ce qui est le cas de la nôtre, dont  une partie a été ravagée par les sangliers. Bien qu’elle compte une très faible densité de pieds recensés, elle perdure pourtant depuis fort longtemps, car elle était déjà connue par certains auteurs qui l’avaient référencé dans des bibliographies datant du 19ème siècle.

 

L’ Anémone palamta trouvée dans Sainte-Victoire est-elle indigène ?

Même si certains botanistes doutent encore de son indigénat, les plants se situant sur le territoire français sont des plantes diploïdes (chromosomes par paires) et seraient apparemment indigènes. Sa protection doit donc rester la priorité car sa conservation représente à elle seule ce que le Grand Site Sainte-Victoire à de plus rare dans la biodiversité que compte notre territoire. Et c’est pour cela qu’une mise en défens est aujourd’hui envisagée et nécessaire, afin de protéger cette plante d’intérêt patrimonial majeur.

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