Une exploitation agricole qui favorise des espèces protégées

La Diane au petit lever du matin (Zerynthia polyxena) - Sainte-Victoire. © O.Jonquet

La remise en culture de la zone humide de la Traconnade à Jouques favorise la présence de deux espèces protégées, un papillon, la Diane et une libellule, l’Agrion de Mercure.

Un site à fort enjeu naturaliste

En amont de la partie urbanisée de Jouques, au lieu dit la Traconnade, surgit la source du ruisseau du Réal. L’ensemble de la zone humide de 276 ha est inondable en hiver. La riche ripisylve a permis de désigner ce secteur d’intérêt prioritaire Natura 2000. Il héberge un odonate rare, l’Agrion de Mercure et  offre les conditions favorables à l’Aristoloche rotunda, plante hôte d’un papillon protégé, Zerynthia polyxena autrement appelé la Diane.

La menace, dans ces zones humides peut être plus qu’ailleurs, est la fermeture des milieux. Le brûlage s’avère d’autant moins efficace que les parcelles ne sont pas exploitées. Certaines parcelles avaient été broyées en 2013, mais dans ces terres, la végétation est extrêmement dynamique et seule une remise en culture permet de juguler l’embroussaillement.

Alors, en partenariat avec la commune, les propriétaires et un agriculteur local, une vaste opération de remise en valeur est mise en place.

Un chantier de restauration réalisé par une association d’insertion

Il y a des décennies que les canaux de drainage et d’irrigation ne sont pas entretenus. Alors sur ce terrain si détrempé qu’aucun engin mécanique ne pouvait pénétrer, il n’y avait guère d’autre choix qu’intervenir manuellement. C’est l’association d’insertion  AMS qui a réalisé le chantier. Par la suite, les canaux seront dégagés et curés, ce qui reconstituera l’alternance de périodes humides et sèches dans les champs et permettra à la prairie de se réinstaller naturellement après broyage régulier de la roselière.

L’entretien du site par l’agriculture et le pastoralisme

Un agriculteur s’est engagé à faucher régulièrement les champs pour user les roseaux jusqu’au retour de la prairie naturelle. Les deux premières années, la récolte sera recyclée en engrais vert dans d’autres cultures. Après, les parcelles devraient commencer à produire du fourrage.

Pour améliorer la qualité de ces prairies, l’idée est de les faire pâturer car la présence d’un troupeau favorise la diversité des plantes présentes. 

Un suivi des populations d’Agrion de Mercure et de Diane

Agrion de Mercure - Coenagrion mercuriale - Sainte-Victoire (Agrandir l'image). © J.Larguier

Ces actions développent toutes les conditions favorables au maintien voire à l’accroissement des populations d’Agrion de Mercure et de Diane. Une observation rigoureuse des populations suivra un protocole fondé sur des linéaires identifiés comme fréquentés par les deux espèces. Les résultats seront intégrés aux bases de données naturalistes nationales.

Un site test pour le monde agricole

La Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône fait partie des sept sites pilotes retenus dans le cadre national du Plan d’Action Zones Humides dont l’objectif est « de valoriser les actions conjuguant développement agricole et préservation des zones humides  ».

Elle a donc identifié le secteur de la Traconnade comme lieu test sur les pratiques agricoles favorables au maintien des zones humides méditerranéennes.

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