Vieux arbres et bois mort : un écosystème méconnu

Les vieux arbres et le bois mort jouent un rôle majeur dans l’écosystème forestier. En effet, ils procurent abris, nourriture et sites de reproduction à de nombreux organismes. Des oiseaux qui nichent dans les cavités des troncs, aux larves d’insectes qui se développent dans le bois en décomposition, en passant par les champignons qui recyclent le bois en nutriments, ces éléments contribuent à la biodiversité des forêts. 

Les troncs, souches, branches, cavités ou écorces peuvent offrir un habitat aux animaux, végétaux et champignons. La valeur écologique de ces habitats varie selon l’essence de l’arbre et son diamètre. Pour préserver la biodiversité forestière, il est essentiel que ces lieux de vie soient présents en quantité suffisante et sur de longues périodes.

Une réserve alimentaire pour les insectes

Le bois constitue une ressource alimentaire aux insectes à leur stade larvaire. Si peu d’espèces peuvent se nourrir du bois frais, la majorité se développent sur du bois partiellement décomposé par des bactéries ou des champignons qui devient ainsi plus tendre et digeste. Les coléoptères représentent près de 95 % de la biomasse des invertébrés qui réalisent leur cycle de vie dans le bois en décomposition. Le bois mort est également un refuge pour certaines fourmis et abeilles sauvages qui y creusent leurs galeries.

Une utilisation variée pour les mammifères et oiseaux 

Chez les mammifères, les chauves-souris sont les plus dépendantes des vieux arbres et du bois mort, utilisant les cavités pour se réfugier. Certaines espèces, comme la Noctule commune ou le Murin de Bechstein, dépendent fortement de ces habitats. D’autres mammifères, comme les campagnols, martres, écureuils ou loirs, utilisent le bois mort au sol pour se cacher ou chasser.

Les cavités des vieux arbres, vivants ou morts, fournissent nourriture, abris et sites de reproduction à de nombreuses espèces d’oiseaux qui se répartissent en deux groupes : les oiseaux cavicoles primaires, comme les pics, qui creusent eux-mêmes leurs cavités, et les oiseaux cavicoles secondaires, qui utilisent des cavités existantes (chouettes, mésanges, sittelles, etc.). La diversité et l’abondance des oiseaux en forêt dépendent directement du nombre de cavités disponibles.

L’art de la décomposition pour les champignons et les bactéries

Peu d’organismes peuvent digérer le bois. Parmi eux, certains insectes, bactéries et surtout les champignons xylophages (notamment les polypores comme l’Amadouvier) jouent un rôle fondamental. La pourriture est le processus par lequel les champignons dégradent le bois, soit en attaquant uniquement la cellulose (pourriture brune), soit en dégradant la cellulose et la lignine (pourriture blanche). Grâce aux champignons, le bois mort va se transformer comme par magie en humus nourricier.

Le bois colonisé par les bryophytes et les lichens

Les bryophytes, comme les mousses, colonisent facilement le bois mort et les vieux arbres. Ces mousses forment entre autres, l’habitat de milliers de petits animaux, tels que les acariens, les collemboles, les tardigrades, les coléoptères et d’autres invertébrés. Même les oiseaux les utilisent afin de former leurs nids.

Les lichens, symbioses entre algues et champignons, sont des pionniers capables d’occuper des substrats pauvres en nutriments comme le bois mort. Les crustoses, de petite taille, se développent sur les troncs et souches, tandis que les macrolichens, se trouvent souvent sur le bois mort au sol. Certains lichens sécrètent même des acides limitant la croissance d’organismes concurrents, tels que certains champignons.

Les vieux arbres et le bois mort sont bien plus que de simples vestiges forestiers. Ils représentent un maillon vital pour la biodiversité, abritant et nourrissant une grande variété d’espèces. Préserver ces éléments et assurer leur présence durable est primordiale pour maintenir des écosystèmes forestiers riches et équilibrés.