Une rave party sauvage en plein risque rouge

La rave party organisée au mépris de la loi, du risque incendie et de la biodiversité

Le 6 août 2022, les équipes du Grand Site de France Concors Sainte-Victoire ont découvert une rave party sauvage organisée dans un massif forestier protégé, isolé, en pleine période critique. Cette intervention, étalée sur une journée, a permis de mettre fin au danger auquel les participants s’exposaient, au dérangement subi par la nature et surtout au risque incendieAvec plus de 62 000 hectares brûlés en France, l’année 2022 affiche un record et ce chiffre poursuit malheureusement son ascension. Cette année, les Bouches-du-Rhône comptabilisent déjà 392 feux ou départ de feux. Ce qui place le département en tête de la région méditerranéenne. 

Or, neuf départs de feux de forêt sur dix sont d’origine humaine !

Xavier Nicolle, chef du service des gardes nature, raconte

La découverte

“Ce matin-là, jour en risque jaune, une équipe de deux gardes régionaux forestiers patrouille près du Col des Portes. Vers 10h, ils croisent un vététiste qui signale une forte nuisance sonore dans le massif forestier. L’information fait immédiatement penser à un rassemblement festif.

“La patrouille m’alerte avant de se diriger, au son, vers une piste étroite et cabossée qui conduit à un champ d’anciennes cultures cynégétiques, toujours entretenu par les chasseurs. Dans ce secteur isolé, difficile d’accès, où le réseau passe mal, c’est la stupéfaction : une trentaine de véhicules sont stationnés et une centaine de personnes présentes. La musique est assourdissante et la consommation de cigarettes, alcool et autres, est flagrante.”

L’intervention

Je demande alors immédiatement aux deux gardes de se mettre en sécurité et je contacte la gendarmerie de Rousset qui lance une intervention rapide. Le site dépend de la commune de Puyloubier et j’en informe la mairie. La brigade de gendarmerie se charge, elle, de rappeler à chacun les infractions passibles d’une contravention. De mon côté, je remplis mon rôle par le dialogue et la sensibilisation. Et j’incite les raveurs à cesser le bruit et à ramasser leurs déchets. Ils évacueront finalement les lieux progressivement selon l’état de leurs capacités de conduite. Le lendemain une de nos patrouilles a terminé le nettoyage.”

Le règlement

“Au-delà de l’enjeu environnemental, le plus délicat est que les personnes prennent conscience du danger. Dans ce lieu inaccessible, l’intervention des secours serait compliquée et périlleuse. Si on écarte les incidents de type malaise ou blessure, le risque incendie est prédominant en cette période de sécheresse. Or le 5 août, lorsque la fête a débuté, le massif était placé en risque rouge : son accès était interdit. Au moindre départ de feu, ces personnes auraient pu se retrouver cernées par les flammes… Enfin dans ce milieu isolé riche en biodiversité, il faut considérer le dérangement des espèces qui subissent le stress sonore et la présence humaine pendant la nuit.”

Elodie Layet, jeune garde forestière, également présente, témoigne

“Cet événement m’a vraiment choquée. Les participants étaient purement et simplement en danger. Une association dédiée à la réduction des risques était présente et avait distribué des cendriers de poche. Mais cela reste dérisoire. Nous avons vu des réchauds, des mégots… et cela peut suffire à déclencher une catastrophe !”

Exemples d’infractions relevées et passibles d’une amende

• Pénétration dans les massifs en véhicule (sauf ayants-droit)

• Entrée dans le massif en risque rouge

• Usage du feu (interdit tout au long de l’année en espace naturel dans les Bouches-du-Rhône)

• Organisation d’un rassemblement sans déclaration

•  Détention de substances illicites

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