Aigle de Bonelli

Le petit protégé du Grand Site

L’Aquila fasciata, mieux connu sous son nom de scène Aigle de Bonelli, est un rapace de taille moyenne, spécifiquement méditerranéen. Il mesure environ 70cm de longueur pour 1,70m d’envergure et pèse entre 1,5 et 3kg. Couvert d’un plumage brun et blanc, le dessous de son corps blanc, tacheté de flammèches brunes, contraste avec ses ailes sombres. Oiseau sédentaire inféodé aux milieux semi-arides, il niche dans les zones de garrigues présentant des gorges et escarpements rocheux, ce qui lui vaut l’un de ses surnoms : “aigle des garrigues”.

Excellent chasseur, il se nourrit surtout d’oiseaux, mais également de mammifères et de reptiles. Comme pour les autres grands rapaces, il y a peu de différences entre les individus femelle et mâle. Ces derniers sont plus petits et moins trapus, et en général plus clairs. La femelle pond un ou deux œufs entre février et mars. 60 à 70 jours après l’éclosion, les jeunes une fois émancipés quitteront le site.

L’Aigle de Bonelli bénéficie aujourd’hui d’un statut de protection très important. En effet, c’est malheureusement l’un des oiseaux les plus menacés de France. Alors que sa population comptait environ 80 couples au début des années 60, seulement 22 couples étaient dénombrés en 1999, date à laquelle l’espèce a fait l’objet d’un plan national d’action. Animé par le Conservatoire des Espaces naturels PACA (CEN PACA), ce plan a pour objectifs de protéger les individus, de renforcer le succès de la reproduction, d’améliorer les connaissances sur l’espèce et de développer la sensibilisation. Bien que l’état de conservation des populations de ce rapace reste très fragile, ces mesures de protection s’avèrent efficaces, puisque 38 couples ont été recensés en France en 2019. Elles permettent également la protection de l’ensemble de la chaîne trophique, des espèces animales et végétales présentes dans le milieu naturel environnant.

Sur la montagne Sainte-Victoire, un couple est venu reconquérir en 2009 un site abandonné à la fin des années 80. Aujourd’hui ce sont deux couples qui fréquentent le massif et qui s’inscrivent ainsi dans son patrimoine naturel. La rencontre avec cet oiseau splendide, emblème de la région méditerranéenne, est un moment privilégié tant il est discret et difficile à observer. Vous aurez peut-être la chance de l’apercevoir, longeant les falaises du versant sud de Sainte-Victoire, ou chassant dans la plaine de l’Arc.

En partenariat avec le CEN PACA, le Grand Site s’attache à maintenir les milieux ouverts indispensables à l’espèce et à préserver la tranquillité des oiseaux sur les sites de reproduction, durant la période d’installation et d’élevage des jeunes. Au cours de cette période, qui s’étale généralement de janvier à mi-juillet, l’espèce est en effet plus sensible aux dérangements. 

Le suivi de reproduction est effectué par les gardes nature du GSCSV, les agents du département 13 et les bénévoles du CEN. Le baguage est assuré par le CEN.