Le pastoralisme à l’honneur en 2026
2026 est l’Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux, proclamée par l’ONU. L’objectif est de mieux faire connaître le pastoralisme — forme d’élevage extensive pratiquée sur de vastes espaces naturels — encore peu visible dans la recherche et les politiques publiques. Cette année internationale met en avant ses atouts : entretien des paysages, préservation de la biodiversité, contribution à la sécurité alimentaire et rôle dans l’adaptation au changement climatique.
Zoom sur le métier d'éleveur herbassier
Les gardiens du pastoralisme en Provence
Depuis des centaines d’années, un métier ancestral façonne les paysages de Provence et contribue à la préservation de la biodiversité : celui d’éleveur herbassier. Cet éleveur berger sans terres adopte une méthode d’élevage unique, entièrement dictée par le rythme des saisons et la pousse de l’herbe.
Qu’est-ce qu’un herbassier ?
Contrairement à un éleveur « classique » qui possèdes des prairies cultivées et des champs, l’herbassier conduit son troupeau sur des espaces naturels et spontanés, des friches agricoles et parfois des champs pour un nettoyage des terres avant qu’elles soient cultivées. C’est un pâturage de plein air intégral, pour lequel l’éleveur loue ou conventionne des droits de pâturage sur des terres qui ne lui appartiennent pas. Son quotidien est une quête permanente de nourriture fraîche pour ses ovins et/ou ses caprins.
L’art de la gestion pastorale sur les parcours
Le cœur du métier repose sur la gestion pastorale. Il s’agit d’un équilibre précis entre les besoins du troupeau et la ressource disponible, sans jamais épuiser la nature. Cette gestion repose sur une excellente connaissance de la flore et des cycles biologiques que maitrisent les herbassiers.
Le troupeau est guidé sur des parcours pastoraux, composés de milieux naturels divers et variés, souvent difficiles d’accès comme les garrigues, denses et épineuses, les sous-bois, les pelouses de crêtes, etc. En faisant « défiler » ses bêtes sur ces parcours, outre les bienfaits pour la biodiversité de Provence inféodées aux milieux ouverts, l’éleveur nettoie la végétation basse et maintien les milieux ouverts. Ce travail de débroussaillage naturel s’avère crucial pour limiter les risques d’incendies en été.
La transhumance : au rythme des saisons
Les herbassiers sont généralement présents dans les plaines de Provence entre octobre et juin. En effet, une fois le printemps passé, la sécheresse de l’été fait brule l’herbe et l’éleveur doit monter en montagne pour trouver de l’herbe verte pour le troupeau. C’est la transhumance. Cette montée en estive est indispensable pour le troupeau et se réalise à pied ou en bétaillère. Ce déplacement permet aux sols des plaines et collines pâturées de se régénérer pendant l’été. À l’automne, le troupeau redescend pour passer l’hiver au doux climat provençal.
Un métier d’avenir et de passion
Être herbassier aujourd’hui demande une connaissance parfaite de la flore locale, une grande endurance et un forte capacité d’adaptation face aux changements climatiques. Ce métier est une réponse moderne et écologique pour entretenir nos territoires de façon durable.
Il est donc capital, pour les gestionnaires d’espaces naturels, d’encourager ces pratiques ancestrales essentielles pour la conservation de la biodiversité, la prévention incendie et le développement des circuits courts sur nos territoires.

